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Dimanche 24 septembre 2006

Nicolas Sarkozy est confiant. Il est sûr que sa stratégie est la bonne et le conduira à l’Élysée en 2007 : « si ça continue comme ça, ça peut marcher » affirme-t-il. Et qu’importent les critiques de la gauche, qui le qualifie de « petit Bush français, » qu’importe la suspicion de démagogie exprimée par ceux qui l’accusent de surfer sur « la colère du peuple » exaspéré notamment par une insécurité galopante qu’il n’a jamais su endiguer réellement et par une paupérisation de fait des plus faibles, qu’importent les recadrages par le président de la République qui entend encore garantir l’indépendance de la justice chaque fois que ça l’arrange. Aux uns, il répond : « en quinze jours, j'ai ouvert plus de débats que pendant toute la campagne de 2002, » et de l’autre, il dit : « ce n'est pas parce que Chirac me tacle que c'est une semaine qui commence mal. Je suis habitué à ce qu'il ne soit pas d'accord avec moi. » Résolument d’humeur espiègle, il ajoute, toujours à l’attention du président de la République et de son entourage : « quand je pense que ceux qui me reprochent de rencontrer Bush sont ceux qui serrent la pogne de Poutine, ça me fait doucement rigoler. »
Alors, Nicolas Sarkozy continue d’ouvrir des débats, multipliant les gestes les plus contradictoires en direction des uns et des autres : aux homosexuels, il promet un PACS amélioré, avec avantages fiscaux et cérémonie à la mairie à la clé ; à l’électorat populaire éventuellement tenté par le vote frontiste, il confirme son intention de mener campagne sur « la sécurité et l'immigration qui sont des thèmes de droite. » Qu’importe, au fond, qu’il le fasse sur la base d’un bilan en trompe-l’œil, l’essentiel n’étant pas d’être crédible, mais d’être cru ! Et tant mieux encore si Jean-Marie Le Pen prétend que le ministre de l’intérieur « feint seulement » de se rapprocher des thèses du Front National, car cela ne peut que rassurer ceux des électeurs d’une droite républicaine que les propos les plus « décomplexés » du candidat UMP inquiètent. Il ne reste alors plus qu’à discréditer la probable candidate du PS, Ségolène Royal, en affirmant qu’elle défend des thèses de droite qui ne pourront pas entraîner l’adhésion des communistes et des Verts ! Caricature, certes, mais tant que les médias continueront à ne rien répercuter du fond, cela peut passer…
La raison de cet optimisme ? Le président de l’UMP l’explique au Journal de Dimanche : « aller contre moi, c'est aller contre l'opinion publique, » dit-il. S’il s’organisait un concours des propos de campagne les plus dénués de sens, celui-ci aurait de grandes chances de remporter la coupe !
Politique / Présidentielles / Nicolas Sarkozy

Par SylGert - Publié dans : Le jeu politique
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